| BÈZE, Théodore de
(1519-1605)
Né à Vézelay, dans la noblesse locale, Dieudonné de Bèze (il latinisera plus tard son prénom en Deodatus, avant de le gréciser en Théodore) bénéficia d'une excellente éducation humaniste, principalement sous la férule de Melchior Wolmar qui ouvrit son esprit à la pensée de la Réforme.
Très doué pour les lettres, le jeune homme était, du jugement de Montaigne, un excellent poète latin et mena pendant quelques années à Paris (1539-1548) une existence exclusivement vouée à la littérature; il en reste ses fameux Poemata amoureux qu'on lui a tant reprochés plus tard. L'imminence de la mort, lors d'une grave atteinte de peste, achève son évolution vers la Réforme. Condamné par le Parlement de Paris, il s'enfuit à Genève (1548), mais s'établit d'abord à Lausanne, où Pierre Viret l'attire afin qu'il enseigne le grec à l'Académie nouvellement créée.
Recteur de 1552 à 1554, ses qualités de théologien, d'exégète, de polémiste, mais aussi de diplomate y deviendront rapidement manifestes et feront de lui le disciple le plus proche de Calvin qu'il rejoindra à Genève en 1558, à la suite d'un conflit avec Messieurs de Berne. Bèze restera à Genève, d'abord aux côtés de Calvin, puis seul à la barre, faisant bénéficier l'Eglise et la cité de ses dons multiples..
Après la mort de Calvin (1564), de Bèze veille à l'application des Ordonnances ecclésiastiques qui règlent les moeurs de la cité et consacre beaucoup de forces à l'Académie de Genève...
Il contribue ainsi à maintenir l'influence de l'Eglise de Genève, veille à l'unité des réformés, luttant contre les idées congrégationalistes d'une partie de la Réforme française et préside plusieurs synodes dont celui de La Rochelle en 1571...
(extrait de l'Encyclopédie du Protestantisme, Labor&Fides - Le Cerf, 1995) |