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Les réformés prennent très au sérieux la première affirmation du Décalogue et entendent n’avoir pas d’autre dieu que Dieu ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont d’emblée écarté de leurs cultes toute image devant laquelle on se “prosterne” ou que l’on vénérerait pour elle-même.
Mais comment savoir quels sont l’amour et la volonté de Dieu sinon, comme l’affirme toute foi chrétienne, là où ils se donnent à connaître, dans la personne et dans l’enseignement de Jésus, le Christ. Et l’on ne saurait en avoir de connaissance plus exacte qu’en se référant au livre qui en porte témoignage : la Bible, avec ses deux parties à la fois diverses et contrastées que le premier et le second Testaments.
Au moment de la Réforme, c’est la différence flagrante entre ce qu’ils lisaient dans la Bible et ce qu’était devenu le christianisme dans lequel ils vivaient qui a convaincu les réformateurs de la nécessité de soumettre ce christianisme à de profonds changements. Ils n’ont donc pas voulu fonder une nouvelle Eglise, mais délivrer de ses égarements celle dont ils faisaient partie. Ce souci de retour à l’essentiel est une tâche toujours à reprendre.
Mais en vertu de quelle autorité les réformateurs et leurs émules prenaient-ils l’initiative d’une telle révision doctrinale et institutionnelle ? Les autorités ecclésiastiques de l’époque leur ont d’emblée fait grief d’opposer leurs convictions personnelles aux enseignements de l’Eglise. Cette expérience a rapidement convaincu les protestants que la foi est avant tout affaire de conviction personnelle et non de soumission extérieure à une autorité humaine. Etre convaincu, c’est en l’occurrence être vaincu en soi-même par l’évidence qu’y opère secrètement l’Esprit de Dieu.
Bernard Reymond
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