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La référence à la Bible a joué un rôle décisif dans le surgissement et l’épanouissement de la Réforme. D’emblée, les réformateurs ont insisté sur la nécessité non seulement de la lire, mais de la mettre à la portée du plus grand nombre. De là leurs efforts pour la traduire dans la langue de tous et de la diffuser. La première grande traduction de la Bible en français, faite directement à partir des textes hébreu (Ancien Testament) et grec (Nouveau Testament) par Pierre Olivétan a été imprimée à Neuchâtel en 1535. D’autres traductions et révisions ont vu le jour par la suite et ont été diffusées dans toute la francophonie. Dès le début du XIXe siècle, des “sociétés bibliques” se sont donné pour tâche de répandre la Bible, parfois seulement le Nouveau Testament, à des prix suffisamment bas pour que personne ne soit dissuadé d’en posséder une à son usage personnel.
Cette entreprise de traduction et de diffusion s’est accompagné d’un effort non moins soutenu d’étude et de commentaire des textes bibliques. En incitant les fidèles à lire la Bible pour leur édification personnelle, on les a aussi mis en mesure de juger par eux-mêmes du bien-fondé de ce qu’avancent les prédicateurs ou les théologiens : un protestant n’est pas censé être toujours et nécessairement d’accord avec son pasteur. Mais en même temps, la Bible n’est pas toujours facile à déchiffrer, d’où les efforts constants des théologiens pour mieux la comprendre et mieux apprécier les conséquences à tirer pour aujourd’hui de la lecture qu’on en fait. Un pas important a été franchi le jour où l’on a reconnu la nécessité de faire bénéficier cette étude respectueuse de la Bible d’une pleine liberté d’examen, c’est-à-dire sans la soumettre à la contrainte de schémas doctrinaux préétablis.
Bernard Reymond
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