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Le jour de la Réformation genevoise (21 mai)
C'est le 21 mai 1536 que le peuple de Genève adhéra à la Réforme. Une plaque aposée à la rue du Cloître No 2 le rappelle. Depuis quelques années, c'est à cette date qu'a lieu l'Assemblée de l'Eglise qui rassemble les Conseils et le Consistoire de l'Eglise protestante de Genève.
Le Jeûne Genevois
(le jeudi suivant le premier dimanche du mois de septembre)
rappel historique (Professeur Olivier Fatio)
La légende veut que l'origine de cette cérémonie remonte à l'annonce de la Saint-Barthélemy en 1572: les Genevois sous le coup auraient célébré un jeûne qui depuis lors aurait chaque année commémoré ce bain de sang huguenot. Or il n'est en rien. Certes un jeûne fut célébré à l'annonce de l'horrible massacre. Mais il ne fut ni le premier ni le seul. Le jeûne est une ancienne célébration dont les premières manifestations remontent, à Genève, au début de la Réforme.
On célébrait alors un jeûne à l'occasion d'un événement dramatique, interne à la cité : peste, incendie, disette, dissension entre les citoyens, ou externe : guerre avec la Savoie, persécutions de coreligionnaires en France ou dans le Piémont.
L'idée du jeûne était que l'abstinence de nourriture dispose mieux à la prière, témoigne de notre humilité et permet une meilleure écoute de la Parole de Dieu. Comme le dit Calvin: "quand le ventre est plein, l'esprit ne se peut pas si bien eslver à Dieu pour être incité d'une affection ardente à prières".
Au cours du 17e siècle, le jeûne prit un rythme annuel, généralement fixé en septembre et célébré en communion avec les cantons évangéliques suisses. Destiné à disparaître en 1832 après l'instauration du jeûne fédéral qui unifiait les jeûnes cantonaux, tant protestants que catholiques, il fut rétabli de manière spontanée en 1837 par des pasteurs, soucieux de ne pas perdre une cérémonie représentative de la nationalité protestante de Genève et dans laquelle s'exprimait la vocation réformée de la cité. Le contexte interconfessionnel était alors tendu - Genève était devenu un canton confessionnellement mixte en 1815 - et les protestants avaient le sentiment d'être dépouillés de leur identité nationale et religieuse dans ce nouveau canton. C'est ainsi que le jeûne genevois fut rétabli à côté du jeûne fédéral.
Avec le temps, la célébration se laïcisa au point que Philippe Monnier, dans le Livre de Blaise, peut faire dire à un élève du collège que "Le jeûne, c'est un jour où l'on se paie une bonne tampougne au Salève !".
Dès 1986, année de la célébration du 450e anniversaire de la réformation genevoise, le jeûne a repris de l'importance et constitue pour les protestants genevois une journée de réflexion sur leur identité, leur mission et leur avenir.
Professeur Olivier Fatio
NB : Il est amusant de constater que le Jeûne genevois avait été rayé de la liste des jours fériés officiels en 1869 et qu’il a été rétabli par une loi du 1er février 1966 sans que l’Eglise ait manifesté un quelconque intérêt à ce sujet. En fait, il a bénéficié de divergences au sein du Grand Conseil à propos du 1er mai !
extrait du Livre de Blaise de Philippe Monnier
Le dimanche de la Réformation
(en principe le dernier dimanche d'octobre)
Le 31 octobre 1517, sur la porte de l'église du château de Wittenberg, en Saxe, un moine allemand affiche 95 thèses où il dénonce les scandales de l'Église de son temps. Sans s'en douter, Martin Luther jette ainsi les bases du protestantisme.
L'Escalade
(12 décembre)
Récit de la délivrance de Genève
En 1601, après de longues guerres entre le roi de France Henri IV,
Philippe III d'Espagne et le duc de Savoie Charles Emmanuel, la paix est signée à Lyon. Genève pense figurer implicitement dans ce traité.
Mais le Duc de Savoie ne renonce pas à l'espoir de prendre la ville. Jaloux de sa position parfaitement libre et indépendante, inquiet de la lumière que la Réforme apporta dans ses murs, il désire faire de notre cité une ville savoyarde.
Il forme alors, à l'insu de tout le monde, le projet de s'emparer de notre ville. Il concentre ses troupes à Bonne, à la Roche et à Bonneville; et choisissant la nuit la plus noire de décembre, il les fait marcher sur Genève, sous le commandement du Sieur d'Albigny. Le corps d'armée fait halte à quelque distance de la ville. Seules, des compagnies d'élite, conduites par Brunaulieu et Sonnaz, s'approchent des murailles, comblent un fossé, dressent des échelles, escaladent sans bruit des remparts .
Dans la cité, tout dort. Mais un invisible gardien veille sur Genève.
Avant que les assaillants soient en nombre suffisant pour envahir les rues et ouvrir les portes au gros de l'armée ennemie, Dieu permet qu'on les découvre…
Bientôt, le tocsin sonne; les dormeurs se réveillent; les citoyens, à peine vêtus, courent à leurs places d'armes. Les femmes - selon l'expression d'un récit de l'époque - "vaquent à prières et oraisons". Leurs maris et leurs fils combattent avec l'énergie qu'engendrent l'amour de leur ville et la conviction de défendre une juste cause. Toutes et tous savent bien qu'ils luttent non seulement pour leurs familles et leurs foyers, mais aussi pour la liberté qu'ils ont d'entendre l'Evangile.
Bien avant le lever du soleil, ils ont la victoire. Sans doute, seize des leurs sont tombés et deux mourront des suites de leurs blessures, mais la ville est sauvée : Genève est libre.
Réalisant le merveilleux de cette délivrance, le secrétaire d'Etat ne peut s'empêcher d'écrire dans le Registre du Conseil : "Ils commencèrent à faire leur exécution, Dieu commença aussi à besogner pour nous, ses pauvres enfants...", et le secrétaire de la Compagnie des pasteurs termine son récit par ces mots : "Genève se souviendra à jamais de la suprême bonté de Dieu, qui l'a tirée d'un si grand danger et ruine totale, par sa seule main".
(Maurice Gardiol, résumé d’après le récit historique traditionnel, Escalade 1999)
La Restauration
(31 décembre)
récit historique résumé
Ecoutez la relation des faits qui conduisirent à la Restauration de notre République.
Depuis le 15 avril 1798, date à laquelle trois divisions de l'armée française avaient pénétré à l'improviste dans la ville, Genève était annexée à la France sous le Directoire, avant de faire partie de l’Empire napoléonien. Elle était devenue la Préfecture du Département du Léman, mais la république était morte.
En supprimant la nationalité des Genevois, on n’avait pourtant pas supprimé leur espoir de recouvrer un jour l'indépendance. L'Eglise issue de la réformation du 16ème siècle joue dans la défense de l'esprit genevois un rôle capital. Selon le mot du premier syndic : "Pendant que la patrie genevoise était au tombeau, l'Eglise veillait près d'elle". Cette affirmation faisait écho à la réponse que Napoléon lui-même donnait au pasteur Martin-Gourgas, présent lors de son sacre à Paris en décembre 1802 : « L’empire de la loi finit où commence l’empire indéfini de la conscience. La loi ni le crime ne peuvent rien contre cette liberté » Rapporté par le pasteur Alexandre Guillot dans « L’Eglise de Genève et la Restauration de l’Indépendance », 1914.
L'issue désastreuse de la campagne de Russie clôt l'ère des victoires napoléoniennes. La bataille de Leipzig, en octobre 1813, s'achève par la retraite des Français.
Le 21 décembre 1813, faisant fi de la neutralité suisse, le général autrichien Bubna passe le pont de Bâle et son armée commence sa traversée de la Suisse en direction de Lyon.
A Genève, quelques hommes sont aux aguets depuis quinze ans, prêts à agir et attendant sans désespérer un signe annonciateur du retour à la liberté. Réunis autour de Lullin, véritable instigateur de la Restauration genevoise, d'anciens syndics et conseillers forment, le 24 décembre, une Commission clandestine de gouvernement.
Bubna arrive à Lausanne le 27 décembre. A Genève, la préfecture plie bagages, mais laisse derrière elle une garnison de 1500 soldats. On craint un instant que Genève n'ait à endurer les épreuves d'un siège. On parlemente avec Bubna. Le général autrichien accepte de traiter Genève en ville amie, pour autant qu'il n'y ait aucune tentative de résistance.
On persuade alors le commandant français, le général Jordy, d'évacuer la ville sans combat. Le 30 décembre, à 8 heures du matin, les troupes françaises quittent Genève. Apeine la dernière troupe a-t-elle franchi la porte de Neuve que le caporal Massé ferme la porte à double tour, dépose la clef sur la table : « Cette fois, dit-il, nous voilà chez nous ! »
L’après-midi du même jour, Bubna et ses 10’000 hommes s'installent dans la ville. La Commission clandestine s'érige en Gouvernement provisoire. Quatre syndics sont désignés. Le 31 décembre, une proclamation est préparée annonçant l'indépendance. A l’aube du 1er janvier 1814, elle est lue dans les rues et sur les places.
Cet épisode mémorable est le prélude aux événements de qui permirent à Genève de retrouver sa liberté. Liberté garantie par la Confédération Helvétique à laquelle notre République restaurée se joindra quelques mois plus tard.
Tel est le récit des faits dont nous conservons la mémoire et qui sont à l’origine du culte qui nous réunit en ce jour. Puissions-nous les transmettre à nos enfants de génération en génération.
Maurice Gardiol, 1996 / relu par Olivier Fatio / corrections en 1997 par J.-P. Pictet
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